
Atelier estime de soi : se connaître pour mieux s’affirmer
Valeurs, forces, étiquettes à décoller, lettre à son futur soi : le déroulé d’un atelier estime de soi pour les jeunes, dans un cadre ...
Blog Timidité & confiance en soi
Timide au point de ne pas oser parler ? Cinq exercices concrets et progressifs, testés sur moi d'abord, pour oser enfin prendre la parole.

Le cœur qui s’emballe, la voix qui se bloque, la phrase parfaite qui arrive trois minutes trop tard. Si vous êtes timide, vous connaissez ce moment où vous aviez quelque chose à dire et où rien n’est sorti. Pendant vingt ans, c’était mon quotidien. Voici les cinq exercices qui m’ont permis d’oser enfin prendre la parole, et que je fais aujourd’hui pratiquer en atelier.
Au sommaire
La timidité, c’est une peur du regard des autres : peur de déranger, d’être jugé, de paraître ridicule. Au moment de parler, le cerveau tire la sonnette d’alarme. Le corps suit : on rougit, on tremble, la gorge se serre. Et comme se taire fait disparaître l’inconfort tout de suite, on prend l’habitude de se taire.
C’est ce cercle qu’il faut casser. Pas en se forçant à devenir quelqu’un d’autre, mais en montrant à son cerveau, petit à petit, que parler ne met pas en danger. Enfant, je connaissais ma poésie par cœur. Seul avec mon instituteur, je la récitais sans problème. Devant la classe, plus un son. Le problème n’a jamais été que je ne savais pas parler. C’est que je n’osais pas.
La règle avant de commencer
Ces exercices marchent par la répétition, pas par l’exploit. Un petit pas par jour vaut mieux qu’un grand saut par an. Si un exercice vous paraît impossible, revenez au précédent : vous n’avez rien raté, vous avez trouvé votre point de départ.
Ado, je n’osais même pas demander une baguette à la boulangerie. L’idée n’est donc pas de se lancer directement devant cent personnes, mais de construire une échelle de situations, de la plus facile à la plus difficile, et de la monter marche par marche.
Restez sur une marche jusqu’à ce qu’elle devienne presque banale. C’est la zone où le cœur bat un peu plus vite, mais où vous restez capable d’agir. Trop facile, on ne progresse pas. Trop dur, on se fige et la peur se renforce. J’explique cette idée de zone de confort plus en détail dans ma méthode pour vaincre la timidité.
Quand on est timide, les mots se bousculent dans la tête mais restent coincés. Les écrire d’abord leur donne une forme. Pendant longtemps, c’est la guitare et l’écriture qui m’ont permis de sortir ce que je n’arrivais pas à dire.
L’exercice : prenez un thème simple (« un souvenir qui m’a marqué », « ce qui me met en colère », « ce que j’aimerais que les gens sachent de moi »). Écrivez dix lignes sans vous censurer. Puis lisez-les à voix haute, seul. Puis à une personne de confiance. Puis à un petit groupe.
En atelier, on le fait souvent sous forme de slam : un texte court, rythmé, qu’on interprète ensuite devant le groupe. Le texte devient une rampe. On ne part pas de rien, on a déjà ses mots.
C’est en colonie de vacances, pendant ma formation BAFA, que j’ai vraiment commencé à briser ma timidité. Pendant les temps théoriques, je restais dans mon coin. Mais dès qu’il fallait jouer un rôle déguisé dans un grand jeu, quelque chose se libérait. Ce n’était plus vraiment moi qui parlais, c’était le personnage.
L’exercice : choisissez un personnage très différent de vous (un présentateur météo enthousiaste, un pirate, un guide de musée blasé). Lisez un texte banal, une recette ou une notice, avec sa voix et son attitude. Exagérez. Le masque enlève la pression d’être jugé sur soi, et votre cerveau apprend que votre voix peut porter.
C’est le principe de l’improvisation théâtrale. Je l’ai pratiquée pendant un an. Tant qu’il s’agissait de jeux avec un cadre, ça allait. Improviser seul au centre de l’attention était beaucoup plus dur. J’y suis retourné quand même, et c’est ce qui a fini par payer.
On dépense une énergie folle à cacher sa peur. Et plus on la cache, plus elle grandit. Le soir de mon premier stand-up, en janvier 2025, j’étais tétanisé. J’ai décidé de le dire au public dès la première phrase, avec une blague. Les rires sont venus, la pression est retombée, et j’ai pu raconter mon histoire.
L’exercice : la prochaine fois que vous prenez la parole, commencez par une phrase honnête et légère. « Je vous préviens, parler devant un groupe n’est pas mon sport préféré. » Vous verrez que les gens deviennent bienveillants. Tout le monde a déjà eu peur de parler. Pour mon podcast, j’ai interviewé des artistes qui montent sur scène depuis des années, et aucun ne m’a dit avoir 100 % confiance en lui.
Le dernier exercice rassemble tout. Choisissez un sujet que vous connaissez et que vous aimez : une passion, un voyage, une cause. Préparez trois idées, pas plus. Puis parlez deux minutes devant un groupe bienveillant : des amis, une famille, un atelier.
Quand le sujet est le vôtre, personne ne peut vous dire que vous vous trompez. C’est pour ça que, dans les séjours que je dirige, je propose à chaque jeune qui le souhaite de monter sur scène en fin de séjour pour partager ce qu’il aime. Certains n’avaient jamais parlé devant un groupe.
« Il n’y a pas d’échec, seulement des apprentissages. »
Ça arrivera. Lors d’une conférence-spectacle au Théâtre de la Contrescarpe, à Paris, j’ai perdu le fil devant cent personnes. J’ai paniqué, je me suis rattrapé, et je suis sorti persuadé d’avoir tout raté. À la sortie, le public me souriait. Un raté n’est pas un verdict sur vous. C’est une information pour la prochaine fois.
Si votre peur de parler est si forte qu’elle vous empêche de vivre (éviter les cours, refuser un travail, ne plus sortir), ce n’est peut-être pas seulement de la timidité. J’explique comment faire la différence dans timidité, anxiété ou phobie sociale.
Pratiquer ces exercices en groupe
Seul, on avance. Dans un groupe bienveillant, on avance beaucoup plus vite. J’anime des ateliers de confiance en soi et de prise de parole pour les jeunes : impro, écriture, jeux d’expression, à leur rythme. Parlons de votre projet.
Les premiers progrès se sentent souvent après quelques semaines de petits défis réguliers. L'important est la répétition : un petit pas par jour vaut mieux qu'un grand exploit de temps en temps.
Il n'y en a pas un seul. L'échelle des petits défis est la base, car elle habitue progressivement le cerveau à parler sans danger. L'écriture et l'improvisation aident ensuite à trouver sa voix.
Non. Annoncer simplement et avec légèreté que l'on est un peu stressé fait souvent baisser la pression et rend le public bienveillant.
On ne change pas forcément de personnalité, mais on peut apprendre à ne plus laisser la timidité décider à sa place. Je suis toujours réservé, et pourtant je monte sur scène.

Le livre
Dix ans de ma vie, mes réussites et mes échecs, pour que les plus réservés sachent qu'ils ne sont pas seuls. Préface de Francesco Fratellini.