
La confiance en soi ne se décrète pas, elle s’exprime
Les phrases magiques ne suffisent pas : la confiance en soi se construit en agissant et en s’exprimant, par la parole, l’écritur...
Blog Timidité & confiance en soi
À 20 ans, je ne parlais presque à personne. Les sept clés qui m'ont aidé à prendre confiance en moi, et que j'aurais aimé recevoir plus tôt.

À 20 ans, j’étais en BTS par défaut, je venais de me faire quitter, et la dépression s’est installée. Je ne parlais presque à personne en dehors de ma famille. Dix ans plus tard, j’ai fondé une association de prise de parole, enregistré un podcast et fait du stand-up. Voici les sept clés qui m’ont aidé à prendre confiance en moi, et que j’aurais aimé qu’on me donne à 20 ans.
Les 7 clés
À 20 ans, on traîne souvent des étiquettes reçues enfant : « timide », « pas scolaire », « pas fait pour ça ». En seconde, une professeure m’a dit devant toute la classe : « Heureusement que tu pars en STG, vu comment tu écris. » J’ai fini par écrire un livre.
Quand une étiquette vous retient, demandez-vous : qui l’a dit ? Dans quel contexte ? Est-ce encore vrai ? Vous êtes la personne qui vous connaît le mieux.
Après ma dépression, j’ai passé des mois à lire, à assister à des conférences, à explorer mes valeurs, mes envies et mes forces. C’est ce travail qui m’a donné un point d’appui. Quand on sait ce qui compte pour soi, on sait pourquoi on affronte sa peur. J’en parle plus en détail dans manque de confiance en soi : d’où il vient.
Exercice : notez trois moments où vous vous êtes senti fier. Qu’est-ce qui comptait pour vous à ce moment-là ? Les mots qui reviennent sont vos valeurs.
J’ai musclé ma confiance comme on s’entraîne en salle de sport, un pas à la fois. Pour atteindre un grand objectif, mieux vaut avancer morceau par morceau. Ado, je n’osais pas demander une baguette à la boulangerie. On ne passe pas de là à une scène en une semaine. On passe par des dizaines de petites marches.
Choisissez une situation qui vous fait un peu peur, pas trop, et répétez-la jusqu’à ce qu’elle devienne banale. Puis montez d’une marche. Des idées concrètes dans 5 exercices pour oser prendre la parole.
Ma vingtaine ressemble à une collection de refus : BTS abandonné, licence ratée à cause des maths, refus d’une école d’informatique après un mois intensif, subventions refusées, bénévoles qui partent, projet stoppé net par le Covid. Ce qui m’a tenu, c’est une idée simple : l’échec n’existe que si l’on arrête le temps à un instant T. Ensuite, il devient un apprentissage qui permet de recommencer autrement.
« Il n’y a pas d’échec, seulement des apprentissages. »
Au collège, ma stratégie pour être accepté était de plaire à tout le monde : discret, dans la moyenne, jamais remarqué. Résultat, je n’étais personne. À 20 ans, on a souvent peur de décevoir : ses parents, ses amis, son entourage. Mais quoi que vous fassiez, quelqu’un critiquera. Autant faire ce qui vous rend heureux et être critiqué, plutôt que de vous forcer à plaire et finir critiqué quand même.
En 2015, sans billet, je me suis retrouvé dans les coulisses du concert de Raphaël au Cirque d’Hiver. On m’avait refusé l’entrée par la porte principale. Je suis passé par l’arrière, j’ai fini par oser me présenter, et le chanteur m’a simplement dit de m’installer. Ce soir-là, j’ai compris que le culot ouvre des portes qu’on croit fermées.
Le culot, ce n’est pas l’absence de peur. C’est demander quand même. Demander un stage, une interview, un rendez-vous. Pour mon podcast, j’ai relancé un chanteur pendant plus d’un an avant qu’il accepte. Le pire qui puisse arriver, c’est un non, et un non ne tue pas.
Seul, on va plus vite. Ensemble, on va plus loin. Une amie, Elvina, m’a aidé à 20 ans simplement en me parlant de façon directe, sans filtre. Ce petit rien m’a débloqué avec les filles. Plus tard, un ami m’a dit « Arrête tes conneries ! » quand j’ai voulu abandonner la scène après mon premier stand-up. Parfois, les autres voient en nous une lumière qu’on essaie encore de cacher.
Cherchez les personnes et les lieux où l’on a le droit de se tromper : une association, un atelier, un club. C’est pour ça que j’ai créé l’antenne Eloquentia La Rochelle.
Et si ça ne va vraiment pas ? À 20 ans, j’ai traversé une dépression. Si vous ressentez une tristesse qui dure, une perte d’envie ou des idées noires, parlez-en à un médecin ou à un psychologue. Et si vous avez des pensées suicidaires, appelez le 3114, gratuit et joignable 24 h/24. Demander de l’aide fait partie des premiers pas.
Pour les structures qui accompagnent les 18-25 ans
Missions locales, service civique, foyers de jeunes travailleurs : je transmets ces clés en atelier confiance en soi ou lors de ma conférence. Me contacter.
En combinant connaissance de soi (valeurs, forces, étiquettes à remettre en question) et petites actions répétées qui sortent légèrement de la zone de confort, dans un entourage bienveillant.
Oui, c'est très fréquent. C'est un âge de choix et de premières fois, où l'on se compare beaucoup. Personne n'a 100 % confiance en soi, même ceux qui en ont l'air.
Accepter qu'on ne plaira jamais à tout le monde. Quoi qu'on fasse, quelqu'un critiquera : autant faire des choix alignés avec ses propres valeurs.

Le livre
Dix ans de ma vie, mes réussites et mes échecs, pour que les plus réservés sachent qu'ils ne sont pas seuls. Préface de Francesco Fratellini.